Les secrets de la réussite - Interview de Massouko Koné championne du monde de Boxe Thaï 2018

Massouko Koné championne du monde de boxe thaï 2018 Massouko Koné vainqueur du combat de finale des championnats du monde de Boxe en Thaïlande

Introduction 

Bienvenue sur cet article consacré à Massouko Koné, championne du monde de Boxe Thaï semi-professionnel alors qu'elle est dans sa première année de compétition et a débuté la boxe il y a 4 ans seulement. 

Dans cette interview détaillée vous verrez l'état d'esprit de Massouko, comment elle met en place les éléments de coaching indispensables à sa performance et à sa réussite, comment elle arrive à rester motivée, et comment elle dépasse ses limites tout en restant dans le respect d'elle-même.

Massouko avant le combat de finale en Thaïlande

Interview

​Massouko, peux-tu nous présenter ta carrière, quels sont tes titres les plus importants ?

Le plus gros titre est le titre de championne du monde de Boxe Thaï 2018 semi-professionnel.  

Ensuite, j'ai été championne d'Ile-de-France de Boxe Thaï 2018, vice-championne de France Boxe Thaï 2018, vice-championne de Kick-Boxing 2018 et vice-championne de K-1 2018.

J'ai commencé la boxe il y a 4 ans, je n'en avais jamais fait avant, mes premiers titres ont été en 2018 lorsque j'ai commencé ma première année de compétition.

Donc tu as été titrée championne du monde dès ta première année de compétition, après seulement 3 ans de pratique, c'est une performance très intéressante, qu'en penses-tu ?

J'ai du mal à me dire que j'ai atteint un niveau, je suis fière mais pour moi je n'ai pas atteint de niveau spécifique, il y a des personnes qui sont beaucoup plus douées, j'ai encore des progrès à faire, du travail, des choses à apprendre, et donc je continue dans ma lancée.

​Est-ce que combattre est un plaisir pour toi ?

​Oui, vraiment, un vrai plaisir, et en fait une passion profonde.

Quand tu montes sur le ring, t'as vraiment une adrénaline qui te donne une force que tu ne pourrais pas avoir dans un autre contexte du quotidien, ça te pousse à aller au-delà de tes limites et à te dépasser.

C'est quelque chose que j'ai envie, encore et encore.

Ce plaisir, c'est ce qui me motive le plus, avec la beauté technique, la beauté des gestes, la beauté des enchaînements, comme un art, faire quelque chose de beau et d'offrir un vrai spectacle à ceux qui regardent. 

Je suis contente de la victoire, mais je suis fière lorsque les gens ont vu un si beau combat.

Si je comprends bien tu n'es pas dans la performance ? 
Non, par ce que j'ai commencé par quelque chose qui me plaisait, et m'améliorer est ce qui me motive le plus, à chaque fois j'ai envie de faire quelque chose de mieux, et encore mieux.
Lorsque je monte sur le ring je ne me dis pas qu'il faut absolument que je gagne, il faut que je me dépasse pour faire quelque chose de mieux, de plus beau, de plus propre.
Je combats pour l'Art de la Boxe.
Donc le plaisir pour la boxe est indispensable à ta motivation ? 
Oui, s'il n'y a pas ça, il n'y a plus rien. 
C'est ce plaisir et la passion qui me permettent de supporter le rythme, l'hygiène de vie, les contraintes. 
Quelles sont tes contraintes ?
5 entrainements par semaine, la compétition, des galas, un entraînement physique en plus des entrainements de boxe, et des études de biologiste. 

Je m'autodiscipline et je me gère moi-même au niveau alimentaire et renforcement physique, je fais du sport tous les jours.  

Est-ce que championne du monde est un objectif que tu t'étais fixé ?
Ce que je me suis fixé comme objectif est d'avoir une ceinture, et je ne l'ai pas encore eue !

Est-ce que tu inclus la notion de temps dans ton objectif, par exemple avoir une ceinture pour 2019 ?

Non, je me donne le temps qu'il faut, quand je me sentirai prête, je me lancerai.

Ma seule condition est d'avoir le niveau pour le faire.

Mettre une deadline, c'est mettre de la pression pour rien.

Donc tu ne te mets pas la pression pour réussir ? 

J'essaie de faire les choses comme je les sens, plus on se met de la pression, et plus on a du mal à avoir une vision objective et globale sur une situation.

Ton objectif est d'avoir une ceinture, est ce que tu as une peur à atteindre cet objectif ? 

J'ai peur de l'échec qui pour moi est de ne pas arriver glorieuse et avec succès à atteindre cet objectif.

C'est pour ça que je me lance lorsque je me sens prête, sinon ce n'est pas un succès.

Je n'ai pas peur d'atteindre cet objectif, mais je préfère attendre d'être prête physiquement et surtout mentalement.  

D'après toi le plus important c'est le mental ou le physique ?

Si le mental n'est pas là, le physique ne suit pas sur le ring.  

Pour moi la réussite c'est au moins 70% le mental.  

Tout le monde peut développer le physique, mais le mental il faut l'avoir et le garder.

Est-ce que tu mérites le titre de championne du monde ? 

Oui, pendant 1 an j'ai travaillé et je me suis préparée pour ça.  

Tu avais prévu d'avoir autant de titres lors de ta première année de compétition ? 

A aucun moment de ma vie je n'aurais pensé avoir ce niveau et être là où je suis aujourd'hui, faire de la compétition et avoir des titres.

J'ai commencé la boxe par hasard il y a 4 ans, et cette année on m'a proposé de faire de la compétition, je me suis dit pourquoi pas, ça pourrait être une expérience un peu folle dans ma vie, et je me suis lancée « comme ça ».

Lors des championnats du monde, as-tu visualisé ton combat de final avant de monter sur le ring ? 

Je l'ai anticipé en le visualisant et en me voyant gagner, je me voyais même ne pas laisser le temps à mon adversaire de s'exprimer.  

J'ai visualisé tous les enchaînements que j'allais pouvoir faire, les blocages, les déstabilisations, les variations possibles.  

Je me voyais lui en en mettre un sacré coup, même pas le temps de la laisser respirer !

La réalité a elle été proche de ta visualisation ?

Oui, ça c'est quasiment passé comme ça, très peu de différences.

La seule différence était dans les coups que j'ai pris, dans la visualisation je les arrêtais tous, dans la réalité ça ne s'est pas passé comme ça.

Tu as toujours cette visualisation de tes combats ?

Oui, ça fais partie des choses qu'il faut faire quand tu t'apprêtes à faire une performance. 

Il faut le visualiser de manière positive, et visualiser comment réussir.

Ça marche à tous les coups.

Tu estimes à combien de temps ton entraînement dédié pour le titre de championne du monde ? 

2h par jours 5 x par semaine pendant 6 mois sans compter le Kick-Boxing et le k-1.

Est-ce que tes autres titres en Kick-Boxing et k-1 t'ont aidée à avoir le titre de championne du monde ? 

Oui, à chaque fois que tu gagnes ça te donne la motivation pour travailler encore plus, pour aller encore plus loin, et ça m'a beaucoup motivée pour la Thaïlande.  

Ça m'a permis aussi de voir mes points faibles et voir sur quoi travailler pour être la plus complète possible et être la plus opérationnelle possible.  

A combien estimes tu le rapport chance / travail dans ta réussite ?

J'ai l'impression d'avoir beaucoup travaillé pour ça et donc j'ai mérité ces titres, est-ce qu'il y a vraiment une histoire de chance là-dedans ?  

Allez, je vais dire 10% de chance.  

La majorité vient du travail et de l'effort fourni.  

As-tu eu des coups durs durant ta carrière ?

Oui, on a des baisses de morale, de motivation, de forme, et une blessure qui m'a arrêtée 6 mois.

Comment arrives-tu à passer au-delà et à persévérer ?

J'ai des objectifs, je n'ai pas le choix.  

Si je manque un entraînement, je manque une chance importante de faire encore mieux et de progresser, je ne peux pas me permettre de faire ça.  

En 2h on a le temps d'apprendre énormément de choses, ce serait dommage de rater ça et de passer ce temps à dormir, de toute façon je serais quand même fatiguée.

Pendant ma blessure j'ai regardé des combats sur des vidéos, et j'ai regardé les entraînements, j'ai ensuite visualisé tout ça.  

Lorsque tu as commencé la boxe, faisais tu partie des meilleurs ?

Après quelques cours mon coach m'a dit qu'avec du travail je pourrais arriver loin, aujourd'hui je me dis qu'il avait peut-être pas tort !

Est-ce que tu considères que l'autodiscipline est un élément essentiel à ta réussite ?

C'est indispensable. 

Si tu t'autodisciplines pas, à un moment tu atteins un palier et tu ne te sens plus progresser et tu te démotiveras.  

Il n'y a jamais vraiment de confort, tu te fais avancer jusqu'au prochain combat.

Ensuite il y a la victoire, tu te sens bien pendant un moment, et après c'est reparti.

Quand tu veux vraiment t'améliorer et progresser, l'autodiscipline vient naturellement.

L'excès de confiance, tu en pense quoi ? 

Pour moi l'excès de confiance c'est quand tu te dis, maintenant c'est bon j'ai atteint un niveau, j'ai plus rien à prouver, je sais tout, je peux me permettre de ne plus rien faire.

Plus on va dans cet excès de confiance, plus ça risque de mal se passer. 

Je pense que c'est valable dans tous les domaines.

Le plus important est d'apprendre à se connaitre pour savoir dépasser ses limites en restant dans sa zone de tolérance.

Tu penses que beaucoup de gens dépassent leurs limites en dépassant leur tolérance ?

Je pense que 90% des gens dépassent leurs limites dans l'insupportable, et au bout d'un moment c'est le burnout. 

Est-ce que ça t'arrive d'être fatiguée, comment tu le gères ? 

Oui, ça m'arrive d'être fatiguée.  

​Les entraînements sont toujours intensifs, je ne peux pas dire à mon coach, aujourd'hui je suis fatiguée, on fait soft.

​Je ne prends pas de compléments alimentaires ou boissons énergétiques, je veux que mon corps progresse par ses propres moyens.

​Dans ces cas-là j'adapte mon alimentation, je prends des aliments riches en vitamine C, je mange plus sucré, et j'optimise mon repos.

J'ai envie de faire de la boxe longtemps, sans me détruire sur du court terme comme on peut le voir souvent, si t'encourage ton corps il t'encouragera à son tour.

Donc tu es dans un esprit de préservation, tout en étant performante ?

​Oui, je pense que c'est possible.

Que ressens-tu juste avant un combat, de la peur ou de l'excitation ?

Les deux, longtemps avant le combat j'ai peur, et juste avant le combat je commence à avoir l'excitation et un stress positif.

Ensuite dès que je vois mon adversaire je commence à visualiser sur ses défauts, par exemple si elle est petite je vais visualiser tel ou tel enchaînement qui profitera de sa faiblesse.  

Dirais-tu que tu as un investissement émotionnel dans ce que tu fais ? 

Oui, ça ne sert à rien de faire les choses à moitié, si tu te sens pas investi, si tu ne te sens pas prêt à fournir les efforts nécessaires, c'est qu'il y a quelque chose qui ne te convient pas.

Il y a des milliers de choix possibles dans la vie, il faut prendre le temps de se trouver.

Est-ce qu'il y a une méthode pour réussir ? 

​C'est pas par ce que une personne utilise une méthode qu'on est obligé de la suivre à la lettre, tu peux prendre que ce qui te paraît vrai.

Il faut écouter son corps.
Je recommande de trouver sa propre méthode qui correspond à son corps et à sa philosophie de vie.

Est-ce inévitable de passer par des échecs pour trouver sa méthode ? 

Il ne faut pas voir d'échecs, il faut voir des expériences.

Il y a la théorie et la pratique, et entre les deux l'expérience.  

Il faut essayer, prendre ce qui marche et compléter avec autre chose.

Es-tu perfectionniste ?

Oui complètement ! je peux recommencer pendant 1 mois quelque chose tant que ce n'est pas comme il faut.

Pour finir, quel est ton rêve ?

Pour l'instant sur le cours terme, avoir ma ceinture !

Merci Massouko pour nous avoir fait partager ta vision de la réussite, et pour ton optimisme !

​Abonnez-vous à ce blog (que vous soyez inscrit ou non sur Hello Sport) pour rester informé des prochaines parutions !

Les secrets de la motivation - Partie 1 - La zone ...

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter